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L’indigeste sermon de François Bayrou : Chronique d’une imposture

31 août 2025. L’heure est grave. Si grave que notre Premier Ministre, dans un déploiement de solennité « sur commande », a jugé bon d’orchestrer sa propre grand-messe (et, soyons lucide, son propre naufrage). Le ban et l’arrière-ban de la presse furent donc conviés pour qu’il puisse sermonner le bon peuple, en direct, sur une ribambelle de chaînes.

J’ai tenté. J’ai sincèrement tenté de m’infliger, dans un esprit quasi masochiste de citoyenneté, l’intégralité de la dernière performance de François Bayrou. J’aurais mieux fait de contempler un mur ou de compter les fissures de mon plafond ; l’expérience eût été, sans le moindre doute, plus enrichissante. Car ce que l’on nous a servi n’est pas une interview, c’est une insulte au temps qui passe, une agression caractérisée contre l’intelligence. Une heure durant laquelle un flot ininterrompu de verbiage pontifiant, de sagesse de comptoir et de fausse modestie a coulé de nos écrans, aussi indigeste qu’une huile de vidange.

Mes amis, quel supplice ! Nous voilà donc sommés d’écouter, bouche bée, le grand prêtre du « juste milieu » nous expliquer que la France, notre France, est au bord du gouffre. Sans blague ! Il aura fallu attendre ses cheveux blancs pour s’en apercevoir ?

Le voilà, le grand timonier, nous expliquant doctement que notre économie est

« un bateau avec un trou dans la coque ».

La platitude de la métaphore est affligeante ; c’est une image si éculée, si ressassée jusqu’à l’écœurement dans toutes ses récentes interventions, qu’elle témoigne d’une véritable indigence intellectuelle. Mais passons.

Ce qui est prodigieux, ce n’est pas la banalité de l’image, c’est le culot de celui qui la prononce ! Mais enfin, Monsieur Bayrou, pendant que l’eau entrait à flots dans la cale, où étiez-vous donc ? Faisiez-vous des ronds de jambe dans les salons ministériels ? Étiez-vous occupé à peser le poids de votre silence dans la balance du pouvoir ? Votre indignation tardive est une insulte à l’intelligence de ceux qui, depuis des décennies, voient le navire sombrer sans que jamais les capitaines de votre acabit ne songent à écoper.

Et les solutions, parlons-en ! Cet homme, qui se rêve en sauveur de la nation, nous propose quoi ? La suppression de jours fériés ! Voilà le coup de génie ! Pendant que les architectes de ce désastre économique continuent de s’enrichir, on va demander au peuple de sacrifier son repos. C’est d’une morgue, d’un mépris qui confine au sublime. C’est l’éternelle chanson de cette caste politique : l’effort pour les gueux, les dividendes pour les nantis. On nous parle de 44 milliards d’économies avec un sérieux papal, comme si ce chiffre cabalistique allait, par miracle, effacer des années de lâcheté et d’incompétence.

Le plus exaspérant dans ce grand numéro de prestidigitation, c’est cette posture d’homme du compromis, de rassembleur. Un compromis qui consiste, semble-t-il, à décréter que toutes les idées qui ne sont pas les siennes sont, au mieux, ineptes, au pire, dangereuses. Il fustige les propositions du Parti socialiste, les jugeant les « plus éloignées » de sa vision éclairée, sans jamais admettre que sa propre politique a pavé la voie à la situation actuelle. C’est un spectacle affligeant de vanité et de mauvaise foi.

Mais le sommet de l’imposture, le pic de l’indécence est atteint lorsque, par d’habiles contorsions rhétoriques, ce grand donneur de leçons ose nous imputer la responsabilité du désastre ! On croit rêver ! La dette abyssale, ce gouffre creusé par cinquante ans de gabegie politicienne, de clientélisme et de lâcheté… ce serait donc notre faute ! À nous, les Français ! Serions-nous donc allés, nous-mêmes, signer les chèques en blanc pour des projets pharaoniques et inutiles ? Avons-nous, nous aussi, profité des ors de la République pendant que la caisse se vidait ? Non ! Nous avons travaillé, nous avons payé nos impôts et nous avons regardé, impuissants, cette caste de gestionnaires calamiteux hypothéquer l’avenir de nos enfants. Et voici que l’un des artisans de ce naufrage, sans la moindre vergogne, nous désigne comme les coupables à qui il faut maintenant présenter l’addition. C’est une inversion accusatoire si grotesque qu’elle en donnerait le vertige.

En définitive, que reste-t-il de cette heure de prêche ? Le sentiment d’avoir assisté à la répétition d’une pièce de théâtre que l’on connaît par cœur, celle d’un homme politique persuadé que la « destinée de la France » repose sur ses frêles épaules. Mais le peuple n’est pas dupe. Il sait reconnaître la vacuité du discours, l’imposture de la posture. Cette interview n’est qu’une leçon magistrale d’hypocrisie et de condescendance et elle ne fait que renforcer notre exaspération face à un monde politique qui a perdu tout contact avec la réalité.

Gruimpy cat 02

C’est à vomir.

Sources tonton ronchon

Alors non ! Il est hors de question que je serve de panneau publicitaire à ce personnage. Jamais je ne contribuerai à offrir la moindre visibilité supplémentaire à une performance qui ne m’inspire que le plus profond mépris.

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