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La République des Apparats : 300 000 Euros pour les œuvres de Notre-Dame Macron

Ah, douce France, pays des droits de l’homme, de la Révolution, et de la prodigalité élyséenne ! Pendant que le bon peuple se serre la ceinture, jongle avec les fins de mois et contemple avec effroi ses factures d’énergie, le château, lui, ne connaît pas la crise. Et pour cause, il faut bien entretenir le faste et les dorures, et surtout, financer le « rôle » – aussi vaporeux qu’onéreux – de notre Première Dame, Brigitte Macron.

Que les choses soient claires entre nous. Loin de moi l’idée de m’attaquer à la personne. Non, ce qui révulse mes entrailles de vieux républicain, c’est l’hypocrisie d’un système qui, sous couvert d’une « charte de transparence » – un colifichet sémantique dont nos dirigeants ont le secret –, institutionnalise une dépense de plus de 300 000 euros par an pour une fonction qui n’existe pas. Répétons-le, pour que cela pénètre bien les esprits anesthésiés par le verbiage officiel : Madame Macron n’a aucune fonction officielle, aucune légitimité élective, aucun mandat du peuple souverain. Elle est l’épouse du Président, point.

Pourtant, cette absence de statut n’empêche nullement l’attribution d’un budget qui ferait pâlir d’envie une petite commune rurale. Un budget qui, nous dit-on avec le plus grand sérieux, couvre principalement les rémunérations de son cabinet. Car oui, Madame a son cabinet ! Deux conseillers, des assistants… Tout un aréopage de petites mains zélées payées par nos impôts pour gérer son agenda, répondre au courrier des Français qui, dans leur infinie naïveté, semblent croire qu’elle a le pouvoir de changer leur quotidien, et organiser ses déplacements.

Et quelles sont donc ces missions si cruciales pour la survie de la Nation ? La charte, ce chef-d’œuvre de langue de bois, nous éclaire : « assurer la représentation de la France », « superviser la tenue des manifestations et réceptions officielles », et « soutenir, par son parrainage ou sa présence, des manifestations à caractère caritatif ». En somme, couper des rubans, sourire pour les photographes, et présider des galas de bienfaisance. Des activités certes louables, mais qui, dans un pays comptant des millions de bénévoles, ne sauraient justifier une telle ponction sur les deniers publics. Présidente de la Fondation des Hôpitaux, chef d’orchestre des « Pièces Jaunes »… On nous la présente en Mère Térésa de la République, alors que ces fonctions, si honorables soient-elles, ont de tout temps été remplies par des personnalités dévouées sans qu’il en coûte un centime au contribuable.

Le plus exaspérant dans cette affaire est le simulacre de vertu. On se gargarise de « transparence » parce que la Cour des Comptes, dans sa grande mansuétude, publie chaque année le coût de cette « coutume républicaine ». La belle affaire ! Voilà qui ne change rien à l’absurdité de la situation : on rend publique une dépense indue, et tout le monde est censé s’en satisfaire. On nous explique que, comparé à d’autres, ce n’est pas si cher. Mais où sont les chiffres consolidés, officiels, de ses prédécesseures ? Le brouillard, l’opacité… pratique pour éviter les comparaisons fâcheuses et pour nous faire avaler la couleuvre du jour.

Non, décidément, cette monarchie républicaine a le don de m’ulcérer. Elle pérennise l’idée que le pouvoir n’est pas seulement une charge, mais un statut, un train de vie, un privilège qui s’étend jusqu’au conjoint. Pendant que la France travaille, peine et doute, l’Élysée dépense, sans mandat et sans vergogne, pour le confort et le rayonnement d’une « Première Dame » dont la seule fonction est d’être la femme du Président. C’est une insulte à l’intelligence des citoyens et un crachat au visage de ceux qui, chaque jour, se lèvent pour un salaire qui ne leur permet même pas de rêver au quart du coût annuel de cette supercherie. Il est grand temps de mettre fin à cette gabegie d’un autre âge. La République, la vraie, n’a que faire des reines sans couronne.

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