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Qui est Tonton Ronchon ?

Puisqu’il faut se soumettre à cet exercice passablement narcissique de la présentation, allons-y. Ne vous attendez cependant pas à une quelconque effusion de sympathie ou à une biographie larmoyante. Mon état civil est celui d’un homme qui a suffisamment vécu pour ne plus rien espérer de la comédie humaine, et mon curriculum vitae se résume à des décennies d’observation consternée du grand spectacle de l’ineptie universelle.

Je suis Tonton Ronchon. Un sobriquet, certes, mais qui a le mérite de la clarté. « Tonton », pour le temps qui a passé, pour les tempes qui grisonnent et pour ce regard qui a vu se succéder les promesses fallacieuses et les modes intellectuelles plus indigentes les unes que les autres. « Ronchon », parce que c’est l’état permanent et lucide de quiconque refuse de se laisser anesthésier par la bien-pensance mielleuse et la vacuité des discours officiels.

Me voici donc, à l’automne de mon existence, armé d’une plume trempée non pas dans l’encre, mais dans le fiel que m’inspire quotidiennement le monde. Qu’est-ce qui m’ulcère, me demanderez-vous ? Mais qu’est-ce qui ne m’ulcère PAS ?

J’ai la nausée de cette logorrhée politicienne qui prétend nous gouverner, ce galimatias de technocrates poudrés dont le seul talent est de noyer la vérité sous un fatras de chiffres et d’acronymes. Je vomis cette simplification permanente de la pensée, cette dictature de l’émotion qui a remplacé le raisonnement, transformant le citoyen en un consommateur infantile à qui l’on vend des slogans comme des paquets de lessive.

Je suis excédé par l’injustice érigée en système, par cette arrogance des puissants qui foulent aux pieds la dignité des humbles avec la componction de ceux qui se croient investis d’une mission divine. Je suis atterré par le mensonge devenu langue officielle, par cette inversion des valeurs où l’honnêteté est une faiblesse et la duplicité une stratégie admirable.

Alors oui, je suis en colère. Une colère froide, profonde, inextinguible. Elle n’est pas le fruit d’un caprice, mais la conséquence logique d’une trop longue exposition à la bêtise, à la lâcheté et à l’imposture.

Dans mes écrits, ne cherchez ni réconfort, ni solutions miracles. Je ne suis pas un prophète, encore moins un sauveur. Je suis le type accoudé au comptoir de la vie qui refuse de trinquer à la santé des imbéciles. Je me contenterai de mettre des mots sur l’absurdité, de disséquer sans anesthésie les discours creux et de pointer du doigt la grotesque mascarade qui nous sert de quotidien.

Ma démarche est un acte de salubrité publique, une tentative désespérée de ne pas sombrer tout à fait dans le cynisme absolu, bien que la tentation soit chaque jour plus grande.

Vous êtes prévenus. Si vous cherchez la caresse et le consensus mou, passez votre chemin. Ici, ça va tanguer. Ici, on va éructer la vérité. Et tant pis si elle dérange. Au point où nous en sommes, c’est bien la dernière de mes préoccupations.

Lilo 01