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État en faillite : chronique du grand gaspillage Français

Ah, vous tombez bien ! Justement, j’avais la moutarde qui me montait au nez. Asseyez-vous, ne prenez pas peur, et contemplez avec moi le spectacle navrant, l’interminable comédie tragique de notre chère République bananière. Le sujet du jour ? Nos finances. Ou plutôt, le gouffre sans fond qui nous sert de budget, une insulte permanente à l’intelligence et au labeur des honnêtes gens.

La République des gribouilles : chronique d’un naufrage annoncé

Faut-il en rire ou en pleurer ? Je vous le demande. Nous voilà donc officiellement à la tête d’un passif de 3 345 milliards d’euros. Un chiffre si obscène, si déconnecté de la réalité du commun des mortels, qu’il en devient abstrait. Et pourtant, cette dette, mes amis, est bien réelle. C’est la chaîne que nous traînons, le boulet que nos dirigeants, dans leur infinie sagacité, alourdissent de 71 milliards supplémentaires chaque trimestre.

Nous sommes devenus, sous les applaudissements d’une technocratie hors-sol, les champions du monde de la dépense publique, avec 57,1% de notre richesse nationale qui s’évapore dans les méandres d’un État obèse et glouton. Et pour nourrir la bête, qui met la main à la poche ? Vous, moi, nous tous ! Le « jour de libération fiscale », ce jour béni où le citoyen cesse enfin de travailler pour l’ogre étatique et commence à œuvrer pour sa propre subsistance, tombe chez nous aux alentours du 18 juillet. Pendant ce temps, la moyenne européenne se situe au 11 juin et à Malte, les esprits sont libérés dès le 15 avril. Cherchez l’erreur. Nous sommes les serfs modernes d’un système qui a érigé le gaspillage en art de gouverner.

Car ne vous y trompez pas, cet argent n’est pas toujours utilisé à bon escient. Oh, loin de là ! C’est un véritable festival des prodigalités, un concours Lépine de l’incompétence. Jugez plutôt :

  • Une armée de comités et d’agences : Plus de 1200 agences publiques, une nébuleuse opaque qui nous coûte la bagatelle de 90 milliards d’euros par an, et dont l’efficacité est si peu mesurée que certaines oublient de publier le moindre rapport d’activité.
  • Le règne des consultants : Quand nos brillants administratifs ne savent plus quoi faire, ils paient des fortunes à des cabinets de conseil. Un million et demi d’euros pour aider à recruter des enseignants, comme si des décennies d’existence n’avaient pas suffi à l’Éducation Nationale pour apprendre à faire son travail. C’est à se tenir les côtes si ce n’était pas notre argent !
  • Le grand bazar des achats publics : Ici, la raison et le bon sens ont depuis longtemps déserté. Une agrafeuse, vendue 8€ dans le commerce, est facturée 50€ au contribuable. Des fauteuils de bureau qui passent de 120€ à 800€. Et le clou du spectacle, les désormais célèbres parasols de Chartres : 300 000 euros pour 32 malheureux parasols! C’est du grand art.
  • L’informatique, ce puits sans fond : Qui se souvient du logiciel de paie des militaires, Louvois ? Un désastre à plus de 400 millions d’euros, finalement abandonné. Un cas d’école qui illustre une règle plus générale : 75% des projets numériques de l’État explosent leur budget.

Et pendant que le navire coule, l’orchestre des privilèges continue de jouer. Nous détenons le record mondial du nombre d’élus :

1 pour 119 habitants, quand le Royaume-Uni se contente d’un pour 2 680. Une pléthore de représentants dont les indemnités et les retraites pèsent des centaines de millions. Certains, comme l’ancienne Première ministre Édith Cresson, continuent de coûter 150 000 euros par an à l’État bien des années après avoir quitté leurs fonctions.

Alors, que nous réserve l’avenir ? La Cour des Comptes, dans un éclair de lucidité, nous présente quatre scénarios. L’un est qualifié d’improbable par les experts eux-mêmes. Les autres oscillent entre une discipline de fer improbable et une dérive « à la grecque », avec un scénario catastrophe qui verrait notre dette atteindre 142% du PIB en 2030.

Voilà le tableau. Celui d’une nation qui se regarde sombrer, paralysée par l’incurie de ses dirigeants successifs, qui depuis 25 ans promettent des réformes jamais entreprises. Un État qui dépense sans compter l’argent qu’il n’a pas, dans un système caractérisé par l’inefficacité, le gaspillage institutionnalisé et la multiplication des privilèges.

Le mur financier se rapproche et nos pilotes, imperturbables, continuent de nous y conduire en souriant. Jusqu’à quand ? Voilà la seule question qui vaille. Jusqu’à quand supporterons-nous cette danse macabre sur le volcan de la dette ? Je n’ai pas la réponse, mais ma colère, elle, est intacte. Et elle n’est pas près de s’éteindre.

Sources tonton ronchon

L’excellent et très complet documentaire de « Money Radar » que j’ai odieusement pillé pour ce billet d’humeur…

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